Harold peint des œuvres auxquelles il est impossible de rester indifférent. Ses tableaux vous saisissent et vous arrêtent ; ils exigent votre attention. Plus vous les regardez longtemps et souvent, plus vous en retirez de satisfaction en tant que spectateur. Plus vous accordez de temps à son travail, plus celui-ci vous en donne en retour. Par moments, ses œuvres semblent frénétiques et imprégnées d’une forme d’expression presque délirante, réalisées d’une main libre. Avec l’élan et la frivolité de l’action painting, elles sont parfois construites en plusieurs couches. Il recherche alors le contraste entre les différents mondes dont ces couches distinctes sont issues, parfois interrompues par une épaisse bande de peinture qui serpente à travers l’œuvre. De là émergent ses êtres primaires, parfois surnaturels. Une attention profonde portée aux peuples primitifs, au naturel des temps originels et à la pureté du « love and peace » revient de manière récurrente dans les premières années de sa pratique artistique. Westerink intègre dans ses œuvres des thèmes auxquels il donne parfois des titres surprenants mais inspirants. Pourtant, les figures qu’il y insère restent toujours primaires dans leur forme, parfois entremêlées, se fondant les unes dans les autres ou formant ensemble un tout, à la manière d’un totem.
Harold possède une créativité et une imagination polyvalentes, nourries par une immense spontanéité. Cela fait qu’il ne se répète jamais, mais évolue sans cesse ou recherche de nouvelles formes.
L’expressionnisme constitue pour Harold une source d’inspiration, avec une grande admiration pour Jean-Michel Basquiat. Ses premières œuvres et ses dessins sont inspirés par ce grand artiste américain, sans pour autant être des copies. Harold fait les choses « à sa manière » ; il développe son néo-expressionnisme de façon hautement individuelle, en variant constamment les thèmes et les modes d’exécution.
On remarque également une certaine parenté avec les Neue Wilden, un mouvement artistique allemand d’origine néo-expressionniste, avec des artistes tels que Julian Schnabel et David Salle. Mais là où les peintres néo-expressionnistes à partir des années 1970 s’opposaient à l’ordre établi et aux courants dominants comme le minimalisme et l’art conceptuel, Westerink préfère se concentrer sur son travail. Les déclarations artistiques complexes et la volonté de choquer délibérément ne l’intéressent pas. Il réalise au contraire des peintures et des dessins qui naissent de manière directe et intuitive.
Ses toiles sont parfois des commentaires en peinture, souvent soutenus par des titres incisifs, lui permettant de transcender des situations provoquées par des flambées socio-politiques. Peindre et écrire avec une brosse vigoureuse lui offrent la possibilité de trouver un certain ancrage dans ce monde. La grandiloquence ne correspond pas à Harold ; il est trop introverti, trop tourné vers lui-même. On n’attend pas de lui un manifeste, mais bien des réflexions en mots et en images. La seule chose qu’il revendique est le droit d’être lui-même. D’où le caractère puissant, expressif et direct de sa peinture. Sans hésitation, il mêle différentes techniques, couche après couche et inversement : action painting, grattage, empreintes, dripping, peinture en spray et collages avec dessins, jusqu’au street art. Une complexité tant dans le contenu que dans l’exécution. Mixed media.
Les chemins menant à la découverte de Harold Westerink sont longs et offrent une aventure extrêmement riche en expériences. À chaque fois, le spectateur attentif découvre de nouvelles émotions, un émerveillement renouvelé face à l’œuvre. Par moments, cela semble inépuisable. Jamais de sensation de déjà-vu, mais toujours une expérience nouvelle et riche, souvent dépendante de l’état d’esprit du spectateur.
